Définitions des volumes prélevables sur l’aquifère calcaire molassique de Castries – Sommières

 
L’étude porte sur la détermination des volumes maximum prélevables dans la masse d’eau, classée déficitaire, qui regroupe deux entités : Castries au Sud et Sommières au Nord. Les ressources en eau sont considérées comme fragiles et vulnérables. La détermination des volumes prélevables est un élément de départ pour la mise en place d’une gestion concertée et équilibré de la ressource. Pour l’entité de Sommières, il apparait que le volume estimé, par modélisation, de la recharge de la nappe est supérieur à celui des prélèvements. Toutefois, des lacunes sur le fonctionnement de l’entité empêchent d’établir un bilan hydrogéologique fiable. Des investigations supplémentaires sont préconisées. Pour l’entité de Castries, la modélisation est satisfaisante et montre que les prélèvements considérés pour le futur ne permettent pas de satisfaire le bon état quantitatif. Des mesures de préservation sont ainsi recommandées pour assurer une gestion quantitative durable dans le temps et adaptée aux évolutions du territoire. Rapport du BRGM (sept. 2014) - 6Mo >
 
 
Définition des relations entre les eaux souterraines et l’étang de l’Or
 
L’objectif de cette étude est d’améliorer les connaissances sur les transferts d’eau vers l’étang via les eaux souterraines superficielles avec la composante de l’occupation du sol. En effet, la zone humide de l’étang est d’un intérêt écologique majeur mais la qualité de l’eau est mauvaise du fait des apports azotés et phosphatés importants dus à l’occupation du sol. Les résultats montrent que le fonctionnement des hydrosystèmes n’est pas homogène autour de l’étang de l’Or. En effet, des connexions hydrauliques ne sont possibles que dans la partie Nord de l’étang où les échanges entre eaux souterraines et eaux de surface sont présents au niveau des cours d’eau dans une faible mesure. Ainsi, les eaux souterraines ne participent pas directement à l’alimentation de l’étang de l’Or. Rapport du BRGM (2008) - 27 Mo >
 
 

En savoir plus...

 

    • sur les Plans d’Amélioration des Pratiques Phytosanitaires et Horticoles (PAPPH) : 

  • sur les actions mises en oeuvre sur l'aire d'alimentation du captage du Dardaillon : CR

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les ressources en eau souterraines

 

Localisation et approvisionnement des nappes

Le bassin versant de l’étang de l’Or compte trois types d’entités hydrogéologiques :
• les calcaires jurassique et crétacé au Nord du bassin, soit 45% de la superficie du bassin versant ;
• les alluvions du plioquaternaire situé au Sud, représentant 50% de la superficie du bassin versant ;
• les sables et marnes tertiaires du secteur de Montpellier, à peine 5% de la superficie du bassin versant.

Chacune de ces entités regroupe une ou plusieurs masses d’eau souterraines possédant leur propre fonctionnement hydrogéologique.

 

Sur le bassin versant de l’étang de l’Or, la nappe la plus productive et la plus exploitée est l’aquifère des cailloutis de Mauguio-Lunel d’une superficie de 200 km². Les aquifères calcaires du jurassique et du crétacé sont localement karstifiés et très productifs. En revanche, la formation sableuse et marneuse tertiaire possède une faible perméabilité qui lui confère une faible productivité. Ces nappes sont majoritairement libres à semi captives, ce qui leur assurent une faible protection naturelle et les rendent vulnérables aux pollutions. L’eau qui recharge nos réserves souterraines provient des rivières et de l’infiltration de l’eau de pluie, qui traverse le sol jusqu’à rester bloquée dans la nappe par des couches imperméables.

Les usages et pressions exercés sur les nappes

Ces nappes souterraines sont exploitées pour différents usages : agricole avec l’irrigation, industriel avec diverses activités économiques et l’alimentation en eau potable. L’agriculture s’approvisionne principalement dans le canal du Bas Rhône Languedoc, tandis que les réseaux d’eau potable surtout dans les nappes phréatiques. En effet, nos masses d’eau souterraines sont principalement utilisées pour l’alimentation en eau potable. Par ailleurs, il existe aussi de nombreux forages domestiques dont l’usage est difficile à quantifier.

Ces réserves sont aujourd’hui de plus en plus sollicitées du fait de la forte augmentation de la population sur les communes du Bassin de l’Or. Mais cette augmentation démographique n’est pas la seule pression exercée sur la ressource en eau souterraine. Il faut prendre en compte le tourisme qui entraine également une augmentation de la population, notamment dans le Sud du Bassin de l’Or où se trouvent les stations balnéaires. Les autres pressions présentent sur le bassin de l’Or sont liés à l’agriculture et les activités économiques qui affectent la qualité de l’eau des nappes. Sur le long terme, on peut considérer que les changements climatiques corrélés à la géographie du territoire auront des impacts sur la ressource souterraine. C’est l’aquifère des cailloutis de Mauguoi-Lunel qui est le plus concerné, car soumis à un risque d’intrusion saline, du fait de sa proximité avec le littoral. Sur les 6 masses d’eau identifiées sur le Bassin de l’Or, 4 sont considérées comme stratégiques. C’est-à-dire qu’elles recèlent des ressources en eau d’intérêt départemental à régional qui sont d’ores et déjà fortement sollicitées et dont l’altération poserait des problèmes immédiats pour les populations qui en dépendent. Sa forte potentialité doit donc être préservée et conservée en un bon état quantitatif et qualitatif pour la satisfaction des besoins en eau potable futurs à moyen et long terme.

Les enjeux de qualité

Les activités humaines rejettent de nombreuses molécules chimiques qui peuvent alors être emportées par les eaux infiltrées. C’est pourquoi les mesures des différents réseaux de suivi mis en place sur le Bassin de l’Or montrent que nos réserves contiennent un certain nombre de polluants. Les réseaux de suivi de la qualité de l’eau montrent quelques améliorations, mais certaines nappes demeurent classées en « Mauvais état ». Les principaux polluants que l’on retrouve dans les eaux souterraines sont des pesticides, mais aussi des nitrates sur l’aval du bassin versant. L’amélioration de la qualité de l’eau est un objectif du Schéma Directeur d’Aménagement et de Gestion des Eaux : le Bon Etat chimique des masses d’eau devra être atteint pour 2021. Cet effort est demandé à tous les acteurs concernés et sur tout le territoire, mais une priorité est donnée aux zones où le risque de transfert est plus élevé. En effet, sur le Bassin de l’Or, huit captages d’eau ont été classés comme prioritaires « Grenelle », autour desquels sont définies des Aires d’Alimentation de Captage (AAC). Ces zones sont particulièrement protégées et les acteurs du territoire sensibilisés pour protéger la ressource en eau contenue dans leur sous-sol.


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Les enjeux de quantité

Le Conseil départemental et le Symbo surveillent le niveau de ces nappes, constatant qu’il varie parfois de plus de 20 mètres au cours d’une même année. Car si les quantités d’eau disponibles semblent actuellement suffisantes, deux petites nappes sont désormais classées en déficit quantitatif, sur les garrigues du nord du Bassin de l’Or. Des études de volumes prélevables ont été effectuées pour permettre une meilleure gestion des pompages et qui renforceront la connaissance des mécanismes de recharge de ces nappes. Bien que la plupart des nappes ne soient pas en déséquilibre quantitatif et permettent d’assurer les besoins en eau actuels, la satisfaction des besoins futurs en eau potable demeure un enjeu essentiel sur le bassin de l’Or. De plus, la prise en compte du changement climatique dans le travail de projection est nécessaire puisqu’il devrait avoir des conséquences importantes sur la recharge et le niveau des aquifères. C’est pourquoi, la gestion de la ressource en eau souterraine doit être planifiée afin de préserver et protéger au mieux les masses d’eau, primordiales à la dynamique du territoire.

Les programmes et actions en cours

La qualité des eaux souterraines, dont 80% assure l’alimentation en eau potable, est un enjeu majeur sur le territoire du bassin de l’Or. La lutte contre les pollutions, notamment diffuses, prend la forme de changements de pratiques, accompagnés et aidés dans le cadre du Contrat de Bassin de l’étang de l’Or récemment mis en place sur le territoire. Il concerne des actions situées en zone urbaine et en zone agricole. Les Plans d’Amélioration des Pratiques Phytosanitaires et Horticoles (PAPPH) sont subventionnés pour aider les communes à construire un nouveau plan de gestion de leurs espaces verts. Des aides agricoles également, incitent les agriculteurs à modifier leurs pratiques et à investir dans du matériel alternatif au chimique. Dans l’optique d’une gestion quantitative durable de la ressource en eau, il est prévu d’optimiser la consommation d’eau et de faire des économies dans les zones déficitaires en priorité. Pour limiter les prélèvements dans la ressource, des projets de réutilisations des eaux usées traitées sont à l’étude. Des actions de réhabilitation des réseaux avec gain environnemental escompté à travers le lancement d’études pour la réalisation de schéma directeur d’alimentation en eau potable sont également inscrites dans le contrat de bassin versant de l’étang de l’Or. En effet, le schéma directeur est un outil de programmation et de gestion pour la collectivité qui doit lui permettre d'avoir une vision globale des besoins et des solutions envisageables pour sécuriser l’alimentation en eau potable. L’élaboration et la mise en oeuvre d’un PGRE (Plan de Gestion de la Ressource en Eau) est prévu sur la nappe Castries. Plusieurs actions de diagnostic et de sensibilisation aux économies d’eau dans les communes du bassin versant ont démarré.

 

Réalisation : Grafibox.net