Localiser l'étang de l'Or


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L’étang de l’Or est né d’un long processus naturel, couplé au fil des millénaires aux multiples interventions humaines. Naissance et transformation de l’étang de l’Or>.

 

Etude bathymétrique du SMNLR (2005) :

 

 

 Désigné site RAMSAR en 1996, les représentants de l'état, du Syndicat Mixte de la Camargoise Gardoise et du Symbo ont signé le 2 février 2015, la charte de gestion du site Petite Camargue.        

 

       

 

 

 

 

 

 

L'étang de l'Or

L'étang de l'Or ou étang de Mauguio appartient au chapelet des étangs côtiers du Languedoc-Roussillon. Son importance le situe au 5ème rang des étangs littoraux français après Berre, Thau, Salses-Leucate et Bages-Sigean. Sa superficie est de 2960 ha. Long de 11 kilomètres, et large de 3 kilomètres, sa profondeur moyenne est de 1,1 mètres, pour un volume calculé de 32,6 millions de mètres cubes (Etude bathymétrie SMNLR 2005).
La superficie de la "zone humide" périphérique est de 2000 Ha.
Essentiellement situé sur la commune de Mauguio, il est propriété de l'Etat (Domaine Public Maritime).

Fonctionnement hydraulique

L'eau douce est apportée par les rivières du bassin versant ainsi que par la restitution de la nappe souterraine, soit 106 millions de mètres cubes. La pluie sur l'étang apporte 23 millions de mètres cubes.
L'apport de la station de pompage du Vidourle (voir rubrique gestion des ouvrages hydrauliques) est de 1 à 3 millions de mètres cubes selon les années. L'évaporation joue un grand rôle, elle atteint 41 millions de mètres cubes.
L'étang communique directement avec la mer au niveau du grau situé au niveau du port de Carnon, puis indirectement par le canal du Rhône à Sète grâce aux 5 "passes" existantes. Les échanges "eau de mer/eau de l'étang" sont directement liés aux conditions climatiques (vents). Ils varient entre 50 et 150 millions de mètres cubes annuels. Au total, la somme des entrées et des sorties d'eau sur l'année est d'au moins 260 millions de mètres cubes, soit près de 10 fois le renouvellement complet du volume de l'étang.

L'influence à la fois des rivières et de la mer favorise des conditions de vie très différentes selon où l’on se situe dans l’étang :
• au sud, des conditions marines, eau salée mais aussi oligoéléments, vitamines venant de la mer, qui profitent à certains animaux et plantes ;
• à l’extrémité nord-est, un milieu plus doux, profitant à d’autres espèces aimant moins le sel ;
• entre les deux, des conditions de vie plus variables, avec une eau dite saumâtre, où s’installent des espèces qui sont capables de tolérer des écarts de salinité

Activités humaines

Les activités traditionnelles associées à l'étang de l'Or sont encore bien présentes.

La pêche professionnelle, très développée autrefois, fait vivre aujourd'hui une dizaine de professionnels qui pêchent surtout l'anguille mais aussi le loup, la dorade, les crevettes...
La chasse au gibier d'eau est une activité de loisir importante, ancrée dans les coutumes locales. Elle est pratiquée sur l'étang et dans les marais par de nombreux chasseurs regroupés au sein d'associations communales, de l'Association de Chasse Maritime (ACM) de l'étang de l'Or, et de chasses privées.
→ Les terrains en bordure de l'étang constituent des lieux d'élevage extensif de taureaux et de chevaux de Camargue (manades). Les animaux sont élevés pour les courses camarguaises, les fêtes taurines et la commercialisation de leur viande.
La fréquentation par les promeneurs de l'étang et de ses marges est relativement faible car l'accessibilité au milieu est réduite. Elle a toutefois tendance à augmenter, et la demande, en milieu péri urbain est forte. Les activités touristiques sont par contre très développées sur le littoral et sur le canal du Rhône à Sète.
Les cabanes, souvent devenues des résidences principales ou secondaires, étaient autrefois abris temporaires pour les pêcheurs et les chasseurs. Sur certains secteurs, l’usage traditionnel de ces cabanes demeure et contribue à l’identité du territoire.

Protections

Ecrin d’une grande diversité biologique, paysage remarquable dans un contexte de plus en plus urbanisé, lieu d’activités traditionnelles, l’étang de l’Or fait l’objet à ce titre de diverses mesures de protections ou de reconnaissance internationale.
le Domaine Public Maritime interdit l’aliénation des espaces lagunaires et les réserve à l’usage public (sauf quelques exceptions) ;
la loi littoral (1986) vise au respect des caractères esthétiques et naturels du littoral ;
→ sur 5 154 hectares, l’étang de l’Or a été classé au titre de la loi sur le paysage (loi du 2 mai 1930) en 1983. C’est la plus forte protection sur le site ;
la protection par l’acquisition foncière, en particulier par le Conservatoire du Littoral, qui possède près de 1000 hectares sur le pourtour de l’étang de l’Or ;
→ le site de l’étang de l’Or a intégré le réseau européen NATURA 2000 au titre des deux directives « Habitats, faune, flore » (1992) et « Oiseaux » (1979) (voir rubrique Natura 2000) ;
→ un certain nombre de zones appelées Zones Naturelles d’Intérêt Ecologique, Faunistique et Floristique (ZNIEFF) ont été définies autour de l’étang de l’Or. Ce sont des secteurs intéressants du point de vue écologique participant au maintien des grands équilibres naturels ou constituant le milieu de vie d’espèces rares. L’équivalent existe pour les oiseaux, ce sont les Zones Importantes pour la Conservation des Oiseaux (ZICO) ;
→ la France a ratifié en 1986 la Convention relative aux zones humides d’importance internationale dite « Convention Ramsar » (ville d’Iran où elle fut signée en 1971). La désignation d’un site constitue un label de reconnaissance internationale notamment pour l’accueil des oiseaux d’eau. L’étang de l’Or et ses zones humides sont inclus dans le site Ramsar « Petite Camargue » (37 000 hectares) depuis janvier 1996.

Principales menaces

L’étang de l’Or est sous l’influence de son Bassin versant de 410 km2 et notamment des nombreuses activités humaines qui s’y exercent et qui génèrent :
→ une augmentation de l’urbanisation pouvant être à l’origine de destruction directe d’habitats (comblement de zones humides) ou encore de leur fragmentation par la construction d’infrastructures de transport
→ des pollutions multiples, polluants qui s’accumulent dans la lagune : détergents, pesticides ; en particulier les matières nutritives, azote, phosphore, apportées en trop grande quantité à l’étang entraînent un enrichissement des eaux de l’étang.

Il existe également des menaces d’ordre naturel : les eaux issues du bassin versant transportent une quantité parfois considérable de matières en suspension, particulièrement importantes en période de crue et qui vont participer au comblement des étangs littoraux. L'existence d'échanges importants entre la mer et les étangs limite le colmatage et contribue à sa stabilité, mais ce n’est pas le cas de l’étang de l’Or. Les modifications du climat, réchauffement, accentuent certains phénomènes : évaporation dans les pièces d’eau de faible profondeur qui entraîne une augmentation de la salinité et remontées des nappes salées dans les terres, élévation du niveau de la mer avec accélération de l’érosion des côtes et phénomènes de submersion marine.

Voir aussi rubrique « Suivi de la lagune »

 

 

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