Zoom sur l'eutrophisation

À l'origine, le terme eutrophisation désigne un processus naturel de vieillissement d'un lac sous l'effet de l'accumulation de matériaux exogènes véhiculés par le ruissellement des eaux de surface. C’est donc à la base un phénomène naturel d’enrichissement des eaux.


Le terme eutrophisation a été employé de plus en plus fréquemment, depuis les années 1970, pour décrire l'enrichissement artificiel des plans d'eau par l'apport de substances nutritives (composés phosphorés et azotés) qui favorisent le développement végétal.

Les apports du bassin versant riches en matière organique et minérale (effluents urbains, nitrates provenant des épandages d'engrais agricoles…) favorisent la prolifération d’algues macrophytes (Ulva, Enteromorpha) et d’algues planctoniques.

Dans la lagune, le taux de l'azote, qui se trouve en grande partie sous forme dissoute, est dépendant du taux de renouvellement des eaux. Sa teneur peut considérablement augmenter à la suite d'épandages d'engrais précédant une période de pluie.

Le phosphore quant à lui est moins entraîné par le ruissellement des eaux du bassin versant, et souvent lié à la matière particulaire, il sédimente et constitue un «capital» qui s'accumule.

 

Malaïgue, un phénomène naturel ?

L'eutrophisation peut conduire à des déséquilibres qu’on appelle dans la région «malaïgues » ou mauvaises eaux, et qui correspondent à des états de dystrophie (dys = anomalie; trophê = nourriture).

Dans les étangs peu profonds, ce phénomène intervient après le développement printanier des ulves (genre Ulva) ou laitues de mer. Alors qu'elles occupent pratiquement toute l'épaisseur de l'eau, ces algues dégénèrent et meurent sous l'effet des fortes températures et d'un éclairement intense. Cette dégradation entraîne une forte consommation d'oxygène dans l'eau par l’activité des bactéries aérobies et une intense production d'hydrogène sulfuré sur le fond par les bactéries anaérobies sulfato-réductrices. La mort des algues empêche la production d'oxygène par photosynthèse et la température élevée et la forte salinité limitent la dissolution de l'oxygène dans l'eau.

Toutes ces conditions concourent à appauvrir le milieu en oxygène et à l'enrichir en hydrogène sulfuré, provoquant la mort des animaux sédentaires. Cette mortalité entraîne un apport supplémentaire de matière organique, amplifiant ainsi le phénomène.

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Suivi de la lagune

Milieu riche mais fragile, soumis à une forte pression anthropique et particulièrement menacé par des phénomènes d’eutrophisation,les acteurs locaux ont souhaité mettre en place différents suivis afin de connaître l’état de la lagune et suivre son évolution.

Le suivi physico-chimique de l’eau de l’étang de l’Or par le Symbo

Afin de mieux comprendre le fonctionnement de la lagune, d’observer son évolution au fil des années et de connaître les causes d’un dysfonctionnement éventuel, le Symbo réalise chaque mois un suivi physico-chimique de l’eau de l’étang de l’Or. Ce suivi mensuel s’effectue sur cinq points (voir carte).

Huit paramètres sont relevés (en passant la souris sur chacun des paramètres, vous accèderez à des informations complémentaires):

Texte alternatif  

Cette surveillance s’inscrit dans une démarche régionale de connaissance approfondie des milieux lagunaires via le réseau FILMED (Forum Interégional des Lagunes Méditerranéennes) dont l’objectif est d’améliorer la connaissance et de renforcer la qualité des suivis nécessaires à la gestion et à la valorisation des milieux lagunaires. Ce réseau regroupe toutes les structures gestionnaires de milieux lagunaires.

Résultats des suivis mensuels de la qualité de l'eau de la lagune

Annéejanvierfévriermarsavrilmaijuinjuilletaoûtsept.octobrenov.déc.
 2017           
 2016         
 2015            

 

Le réseau du suivi lagunaire (RSL)

La région Languedoc Roussillon en partenariat avec l’agence de l’eau et l’IFREMER ont mis en place, depuis 2000, un Réseau de Suivi Lagunaire (RSL) dont les objectifs sont :

• de disposer d’un outil de diagnostic de la qualité de l’eau spécifique aux lagunes
• de fédérer l’ensemble des réseaux existants sur les lagunes
• de répondre aux attentes des acteurs locaux

L’outil de diagnostic de la qualité de l’eau prend la forme de suivis permettant de comparer l’état des lagunes vis-à-vis de l’eutrophisation. Il comprend :
- un diagnostic estival de la colonne d’eau sur 2 points,
- un diagnostic plus complet de l'état des lagunes réalisé tous les 5 ans, prenant en compte les végétaux aquatiques, les animaux vivant sur le fond et les sédiments,
- un suivi des végétaux aquatiques (analyse des espèces présentes) entre 2 diagnostics complets.

Les résultats de ces suivis sont exprimés en 5 codes couleurs :


Pour la colonne d’eau : les résultats sont mauvais depuis 2000 sur la station Est. Une légère amélioration ponctuelle a été constatée entre 2008 (médiocre) et 2009 (moyen) sur la station Ouest. Le diagnostic complet réalisé en 2010 montre une amélioration de l’état de la végétation aquatique vis-à-vis de l’eutrophisation, malheureusement l’état des sédiments est classé mauvais.

Les résultats des suivis sont disponibles dans la rubrique « Les Docs à télécharger ».

 

  

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