Suivi physico-chimique de la lagune

Milieu riche mais fragile, soumis à une forte pression anthropique et particulièrement menacé par des phénomènes d’eutrophisation,les acteurs locaux ont souhaité mettre en place différents suivis afin de connaître l’état de la lagune et suivre son évolution.

Le suivi physico-chimique de l’eau de l’étang de l’Or par le Symbo

Afin de mieux comprendre le fonctionnement de la lagune, d’observer son évolution au fil des années et de connaître les causes d’un dysfonctionnement éventuel, le Symbo réalise chaque mois un suivi physico-chimique de l’eau de l’étang de l’Or. Ce suivi mensuel s’effectue sur cinq points (voir carte).

 

 

Etude sur le fonctionnement hydrodynamique de l’étang de l’Or
Bilan des apports de matière

Les nombreux efforts réalisés sur le bassin versant pour réduire les apports de nutriments (notamment sur l’épuration des eaux usées) se révèlent aujourd’hui encore insuffisants : l’Étang de l’Or demeure dans un état dégradé vis-à-vis de l’eutrophisation.

Face à l’enjeu de reconquête de la qualité écologique de la lagune et aux attentes des acteurs locaux, le Symbo a initié une démarche ambitieuse d’amélioration des connaissances de cet écosystème lagunaire. Conduite en concertation étroite avec les acteurs du territoire, elle mobilise outils innovants et expertise scientifique en partenariat avec l’Ifremer.

L’étude du « fonctionnement hydrodynamique de l’Étang de l’Or – Hiérarchisation des apports de nutriments » (2017-2019), s’est appuyée sur d’importantes campagnes de terrain. Les milliers de données acquises ont permis d’estimer, pour la première fois, des bilans d’eau, d’azote et de phosphore et de mieux comprendre la contribution des tributaires Sud (grau et passes du canal du Rhône à Sète) et Est (canal de Lunel via la canalette du Languedoc). Cette étude a également permis de fiabiliser le modèle hydrodynamique MARS-3D développé par l’Ifremer et de simuler le fonctionnement hydrodynamique de l’étang en fonction des conditions hydro-climatiques de l’année hydrologique suivie. Cet outil, qui reproduit de façon satisfaisante les phénomènes observés sur le terrain, a été utilisé pour évaluer l’impact de différents types d’aménagement sur le fonctionnement hydrodynamique de l’Étang de l’Or. L’étude a été financée par l’Agence de l’eau Rhône Méditerranée Corse.

Huit paramètres sont relevés (en passant la souris sur chacun des paramètres, vous accèderez à des informations complémentaires):

Texte alternatif

 

Cette surveillance s’inscrit dans une démarche régionale de connaissance approfondie des milieux lagunaires via le réseau FILMED (Forum Interégional des Lagunes Méditerranéennes) dont l’objectif est d’améliorer la connaissance et de renforcer la qualité des suivis nécessaires à la gestion et à la valorisation des milieux lagunaires. Ce réseau regroupe toutes les structures gestionnaires de milieux lagunaires.

Résultats des suivis mensuels de la qualité de l’eau de la lagune

Année janvier février mars avril mai juin  juillet août sept. octobre nov. déc.
2020
 2019          
 2018          
 2017          

Zoom sur l’eutrophisation

 

À l’origine, le terme eutrophisation désigne un processus naturel de vieillissement d’un lac sous l’effet de l’accumulation de matériaux exogènes véhiculés par le ruissellement des eaux de surface. C’est donc à la base un phénomène naturel d’enrichissement des eaux.


Le terme eutrophisation a été employé de plus en plus fréquemment, depuis les années 1970, pour décrire l’enrichissement artificiel des plans d’eau par l’apport de substances nutritives (composés phosphorés et azotés) qui favorisent le développement végétal.

Les apports du bassin versant riches en matière organique et minérale (effluents urbains, nitrates provenant des épandages d’engrais agricoles…) favorisent la prolifération d’algues macrophytes (Ulva, Enteromorpha) et d’algues planctoniques.

Dans la lagune, le taux de l’azote, qui se trouve en grande partie sous forme dissoute, est dépendant du taux de renouvellement des eaux. Sa teneur peut considérablement augmenter à la suite d’épandages d’engrais précédant une période de pluie.

Le phosphore quant à lui est moins entraîné par le ruissellement des eaux du bassin versant, et souvent lié à la matière particulaire, il sédimente et constitue un «capital» qui s’accumule.

Malaïgue, un phénomène naturel ?

 L’eutrophisation peut conduire à des déséquilibres qu’on appelle dans la région «malaïgues » ou mauvaises eaux, et qui correspondent à des états de dystrophie (dys = anomalie; trophê = nourriture).

Dans les étangs peu profonds, ce phénomène intervient après le développement printanier des ulves (genre Ulva) ou laitues de mer. Alors qu’elles occupent pratiquement toute l’épaisseur de l’eau, ces algues dégénèrent et meurent sous l’effet des fortes températures et d’un éclairement intense. Cette dégradation entraîne une forte consommation d’oxygène dans l’eau par l’activité des bactéries aérobies et une intense production d’hydrogène sulfuré sur le fond par les bactéries anaérobies sulfato-réductrices. La mort des algues empêche la production d’oxygène par photosynthèse et la température élevée et la forte salinité limitent la dissolution de l’oxygène dans l’eau.

Toutes ces conditions concourent à appauvrir le milieu en oxygène et à l’enrichir en hydrogène sulfuré, provoquant la mort des animaux sédentaires. Cette mortalité entraîne un apport supplémentaire de matière organique, amplifiant ainsi le phénomène.